Le Conseil des Ministres s'est réuni ce mercredi 4 novembre 2026, sous la présidence de Monsieur Romuald WADAGNI, Président de la République.
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Le Bénin a adopté une nouvelle stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive pour la période 2026-2030. Le dispositif entend répondre à l'évolution des menaces, notamment la cybercriminalité, les flux financiers illicites et les risques associés aux actifs virtuels et aux FinTech.
Face à la diversification des circuits financiers criminels et à la montée des menaces sécuritaires, le Bénin entend renforcer les mécanismes de détection et de répression des opérations illicites. Réuni mercredi 4 novembre 2026 sous la présidence de Romuald Wadagni, le Conseil des ministres a adopté la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive pour la période 2026-2030.
Cette nouvelle stratégie intervient dans un environnement marqué par des risques de plus en plus diversifiés. Le gouvernement évoque notamment « la montée de la menace terroriste, l'intensification des flux financiers illicites, la cybercriminalité » et l'importance de l'économie informelle. Les mutations du secteur financier constituent également une source de préoccupation, avec les risques associés aux actifs virtuels et aux technologies financières, communément désignées sous le terme FinTech.
Le compte rendu du Conseil des ministres relève aussi des « vulnérabilités persistantes concernant la supervision de certaines entreprises et professions non financières désignées ». Autant de facteurs qui, selon les autorités, nécessitent une adaptation du dispositif national de prévention et de lutte contre les activités financières criminelles.
Le gouvernement ambitionne qu'« à l'horizon 2030, le Bénin dispose d'un système efficace de lutte contre la criminalité économique et financière, dans un environnement économique sûr et attractif ».
Quatre orientations pour renforcer les contrôles
Pour atteindre cet objectif, la stratégie s'articule autour de quatre orientations. La première porte sur la consolidation du cadre juridique, institutionnel et de la gouvernance. La deuxième vise à réduire les vulnérabilités structurelles et à renforcer la transparence économique et financière.
Le troisième axe prévoit la consolidation des dispositifs de prévention, de réglementation et de supervision fondés sur les risques. Le quatrième concerne le renforcement de l'efficacité opérationnelle du renseignement financier et de la répression.
Il s'agit notamment de disposer de mécanismes permettant de mieux identifier les opérations suspectes, de renforcer le contrôle des activités exposées aux risques et d'améliorer les capacités d'investigation des structures compétentes.
Le gouvernement entend également accélérer « la modernisation du cadre juridique et des sanctions » et renforcer la transparence sur les bénéficiaires effectifs. Cette dernière dimension concerne l'identification des personnes physiques qui détiennent ou contrôlent réellement les entreprises et les structures intervenant dans les opérations économiques.
La CENTIF et les autres structures de contrôle concernées
La mise en œuvre de la stratégie implique un renforcement de plusieurs institutions nationales. Le compte rendu cite notamment le Comité national de coordination des activités de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) figure également parmi les structures concernées, aux côtés de l'Agence nationale de recouvrement des avoirs confisqués et saisis. Le renforcement de leurs capacités doit contribuer à améliorer le traitement du renseignement financier, les enquêtes et les procédures de confiscation des avoirs issus d'activités criminelles.
La stratégie prévoit, en outre, un cadre national cohérent, « fondé sur les risques et assorti d'un plan d'actions budgétisé ». Elle sera accompagnée d'un dispositif institutionnel de mise en œuvre ainsi que d'un mécanisme structuré de suivi-évaluation.
Le Bénin veut notamment renforcer les enquêtes, les poursuites et les confiscations, tout en améliorant la supervision des secteurs exposés aux risques de blanchiment et de financement du terrorisme. Compte tenu de l'importance du dispositif, le Conseil des ministres a instruit les ministres concernés d'accomplir les diligences nécessaires à sa mise en œuvre, à son suivi et à son évaluation.
M. M.